Basse-Terre et les îles de Feu

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L’émersion de la Guadeloupe est toute récente ; même en tenant compte de plusieurs épisodes successifs s’étalant sur plusieurs centaines de milliers d’années.
Le chevauchement ou phénomène de subduction de la plaque Amérique sous la plaque Caraïbe en cette partie du monde a donné naissance à une double ceinture de feu Caribéenne, « l’arc ancien » produit par une activité volcanique datant de 40 millions d’années environ et « l’arc récent » qui s’est formé de – 7 millions d’années à nos jours.

Les Petites Antilles ne sont que la partie émergée des vastes reliefs formés par l’expulsion du magma originel sur cette ligne de fracture. Cependant, les matériaux et les roches sécrétées sont différents en fonction des conditions de températures, pression et autres circonstances lors de l’expulsion. Comme le montre la différence de couleur entre les sables sur les plages tout autour de la Guadeloupe.

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Couche géologique de Rivière Sens

Par un hasard extraordinaire, deux îles créées à des dizaines de millions d’années d’écart se sont trouvées précisément juxtaposées, pour former « le papillon » guadeloupéen, séparées par la Rivière Salée : la Grande Terre qui appartient à l’arc ancien et la Basse Terre, appartenant à l’arc récent et qui est par conséquent l’une des terres les plus jeunes du monde. En réalité, la Basse Terre s’est édifiée en plusieurs épisodes volcaniques échelonnés dans le temps, chacun étant daté par la nature de ses roches, au point que plusieurs îles distinctes ont fusionné en un ensemble compact.

L’île de la Basse-Terre, entièrement volcanique est composée de cinq complexes éruptifs principaux mis en place à des époques différentes depuis 3 millions d’années (les formations les plus anciennes sont localisées au nord de l’île). L’activité volcanique actuelle se situe au niveau de la Soufrière, dans le cœur du Parc. Le dôme de la Soufrière, du haut de ses 1467 mètres, est le sommet le plus haut des Petites Antilles et ne représente qu’une petite partie d’un volcan beaucoup plus vaste : le volcan composite de la Grande Découverte. Depuis, la Soufrière a connu plusieurs éruptions phréatiques (type d’éruption volcanique à forte explosion liée à la rencontre du magma avec de l’eau) qui ont contribué à son abondante fracturation (dernière éruption en 1976). En plus d’être très fracturé, le dôme reçoit chaque année entre 8 et 10 mètres de pluie, ce qui engendre une activité hydrothermale (circulation souterraine d’une eau chaude) importante se manifestant en surface par des émanations fumerolliennes et des sources chaudes aux environs du sommet. Les émanations fumerolliennes au niveau du Cratère Sud et du gouffre Tarissan ont des températures proches de 100°C. La Soufrière est un volcan actif en continuelle évolution et équipé de nombreuses stations de surveillance installées par l’Observatoire Volcanologique et Sismologique de Guadeloupe.

Cette histoire géologique est à l’origine de contrastes saisissants du relief et des paysages. (BRGM)

Des îles au relief marqué et de nature volcanique

- Basse-Terre : Massifs montagneux et forêt tropicale. Les spécificités, mais également la diversité de Basse-Terre, découlent principalement de son caractère montagneux et de la pluviométrie. La Soufrière, toit des Petites Antilles et les Monts Caraïbes, sont des éléments marquants du paysage. Sur ces reliefs étagés se développe une végétation qui crée des paysages, soit fortement contrastés, soit fortement imbriqués. Au centre de l’île, la végétation est dense et souvent impénétrable. La forêt est très présente et s’étage jusqu’aux forêts de nuages sur la Soufrière. Au contraire, la Côte-Sous-Le-Vent offre un paysage vallonné de forêt sèche alors qu’au Nord, comme sur le littoral de Sainte-Rose, se trouvent des prairies littorales et une végétation sèche aux arbres peu nombreux et courbés par les vents.

- Les Saintes (Terre de haut et Terre de bas) : Climat sec, vents violents chargés d’embruns, courants marins parfois violents. Elles se caractérisent également par leur petitesse et leur relief accidenté, dû notamment à la présence de failles. Les espèces animales et végétales ont dû s’adapter à ces conditions climatiques : il s’agit du domaine des cactées, de la forêt sèche, des mapou gris et mancenilliers, mais également de l’iguane, endémique des Petites-Antilles, qui a malheureusement disparu, concurrencé par l’iguane vert.