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Présentation et objectifs du projet

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Le lamantin des Antilles (Trichechus manatus manatus), mammifère marin classé « en danger » d’extinction sur la Liste Rouge de l’UICN, a disparu depuis le XXe des eaux de Guadeloupe. Il fait aujourd’hui l’objet d’un projet ambitieux porté par le Parc national de la Guadeloupe et impliquant un ensemble de partenaires locaux, nationaux et internationaux qui est celui de sa réintroduction dans la baie du Grand Cul-de-Sac marin.

A l’époque précolombienne le lamantin était présent dans les zones côtières de la majorité des îles des Petites Antilles. Le déclin de cette espèce a probablement débuté peu de temps après la colonisation. En Guadeloupe, les effectifs ont sérieusement diminué dans la deuxième moitié du XIXe siècle, pour aboutir à sa disparition au début du XXe siècle victime d’une chasse intense pour la consommation de sa chair. A l’heure actuelle, cette espèce n’est plus présente dans les Petites Antilles, créant un vide entre les populations des Grandes Antilles au nord (Porto Rico, République Dominicaine) et celles de Trinidad et Tobago et du plateau des Guyanes au sud.

Parmi ses différentes ambitions, le projet de réintroduction a pour objectif de consolider le statut global de l’espèce en rétablissant un noyau de population en Guadeloupe et de permettre à long terme de recréer les conditions d’une recolonisation progressive des Petites Antilles afin de reconstituer un flux entre des populations aujourd’hui déconnectées.

Par ailleurs, ce projet incite à l’établissement d’une coopération scientifique et technique à l’échelle de la Caraïbe, région possédant des populations de lamantins aux statuts, pour la plupart, inquiétants. Ces populations sont distribuées de façon discontinue, les petits groupes qui les constituent n’ayant entre eux que peu ou pas d’échanges. Cette dispersion constitue un facteur défavorable à la conservation de l’espèce. La dynamique que pourra créer le projet sera initiateur à la fois de collaborations scientifiques mais aussi de projets de conservation ; la réussite de la réintroduction d’une telle espèce constituera une force motrice pour sa conservation à l’échelle de la région Caraïbe, incitant à l’élaboration d’autres initiatives en faveur du lamantin (maîtrise des menaces, gestion des usages, protection de l’habitat, renforcements, réintroductions...).

L’intérêt du projet pour la conservation globale de l’espèce a été reconnu en 2008 avec son inscription dans le plan d’action régional en faveur du lamantin du PNUE.

Au delà de son intérêt pour la conservation globale de l’espèce, ce projet de réintroduction permettrait à la Guadeloupe de reconquérir une élément fort de sa biodiversité, perdu par l’action de l’homme. Le Parc national souhaite que ce projet contribue à une gestion patrimoniale des richesses naturelles et culturelles de la Guadeloupe. Cette démarche collective pourrait être symbolisée par le retour de cet animal emblématique qui occupe encore une place importante dans la culture guadeloupéenne et perdure dans l’imaginaire collectif, en particulier au travers du personnage de Manman Dlo, figure légendaire de nombreux contes créoles.

En arrière plan de ce projet, il y a aussi la question de la baie du Grand Cul-de-Sac Marin. La présence du lamantin serait de nature à faire converger les gestes de prévention et de protection en mobilisant les acteurs locaux sur l’utilisation durable de ces richesses naturelles exceptionnelles. La réintroduction réussie du lamantin serait un outil supplémentaire pour favoriser une meilleure gestion de la baie et plus d’implications des usagers et riverains du site.